Comme plus de 37 millions de nos
concitoyens je viens de passer, à deux reprises, quelques minutes dans un isoloir. Ce mot, jusqu'à la fin du 18ème siècle,
désignait une sorte de tabouret en bois qui permettait de se protéger durant les expériences d'électricité. Ce n'est que depuis 1914 qu'il est devenu celui de l'étroite cabine dans laquelle on s'enferme pour préparer son bulletin de vote. Pour accomplir
dans le secret et en présence de sa seule conscience, l'acte le plus solennel et le
plus significatif de la vie du citoyen.
L'Electeur fut longtemps le Prince, ou l'Evêque qui, dans l'Empire germanique, participait au choix de l'Empereur.
Depuis la Révolution française, chaque Français (et plus récemment chaque Française) a le droit de participer aux élections politiques et
administratives de son pays.
Droit immense, privilège envié, que celui de choisir ceux et celles à qui nous confions la responsabilité de voter les Lois et de les
appliquer, de gérer le pays, d'en assurer la prospérité et la paix civile, de faire la guerre ou la paix.
Parfois dans
l'extraordinaire brouhaha de la campagne électorale, où s'entendaient autant de promesses que d'invectives, le citoyen ne savait plus très bien s'il lui fallait voter pour sanctionner,
ou voter pour exprimer son espoir.
Sachant que d'un vote à l'autre il s'écoule de longues périodes, de 5 ans voire plus, durant lesquelles le monde change à vitesse
époustouflante, où notre planète continue de se dégrader, où naissent et meurent plusieurs millions de Français, on peut trouver ces périodes désespérément longues.
En effet, si le vote est sanction, il est peu efficace, si le vote est espoir pour une France meilleure, qui surveillera le respect des
promesses faites ?
Le Conseil constitutionnel ne se prononce que sur la conformité des Lois à la Constitution.
Nos députés et le gouvernement sont en quelque sorte, juges et parties.
Je ne vois que les Citoyens eux-mêmes groupés en associations, qui ont la faculté d'être les sentinelles de leur propre destin.
L'article premier de la Loi de 1901 dit que : "une association est une convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun,
d'une façon permanente, leurs connaissances ou leurs activités dans un but
autre que d'en partager les bénéfices".
Comme l'Elan des Citoyens,
par exemple.
IL ne s'agit pas de politique partisane, mais de civisme, de ce sentiment de responsabilité que fait naître en nous l'attachement affectif et
raisonné que nous portons à notre Patrie et à ses habitants. De vigilance, d'imagination et de solidarité permanentes.